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Les Rivières suivi de Les montagnes, de François Blais

27 septembre 2017
Les Rivières suivi de Les montagnes de François Blais

« Si le sujet des phénomènes inexpliqués vient sur la table, j’y vois un prétexte à railler, je fais remarquer que les ovnis survolent toujours les fermes et jamais les campus universitaires, que les revenants, démons et autres entités surnaturelles s’en prennent surtout — quasi exclusivement — aux gens qui n’accordent pas leurs participes passés, et que, par conséquent un Bescherelle serait plus utile qu’une bible pour se défendre contre les puissances des ténèbres. »

Extrait de la nouvelle « Les montagnes »

Voici notre second article portant sur les finalistes du Prix des Horizons imaginaires. Nous avons déjà publié la critique de La chambre verte, de Martine Desjardins (Alto). Les critiques suivantes seront celles de Et si le diable le permet, de Cédric Ferrand (Les moutons électriques), Les Cendres de Sedna, d’Ariane Gélinas (Alire) et Rénovation, de Renaud Jean (Boréal).

Les Rivières suivi de Les montagnes est le dernier ouvrage de François Blais, paru chez l’Instant même cette année. Cette fois-ci, Blais nous offre « Deux histoires de fantômes ».

« Les Rivières » se déroule dans le centre commercial Les Rivières à Trois-Rivières, où sont présentés tour à tour les personnages tout sauf glorieux qui seront les témoins de l’enlèvement de la petite Clémentine Lacombe : la plus belle fille du monde, le type qui était passé à un cheveu de jouer dans la Ligue nationale, le pédophile, le préposé à l’entretien, etc. Blais prépare l’inévitable, en nous présentant la vie ordinaire de personnages ordinaires. Il utilise, de cette façon, un suspense banal et manipule les codes du roman policier pour les faire siens, et ça fonctionne!

Dans la seconde histoire, « Les montagnes », Blais s’éloigne du roman policier pour revêtir les armes de la littérature fantastique. Il s’agit de l’histoire d’un écrivain en résidence à Saint-Étienne-des-Grès, dans une maison hantée par une jeune fille.

La force de Blais est sa façon très quotidienne de nous raconter cette histoire de fantôme, de nous présenter un fantastique où le sentiment d’inquiétude, d’étrangeté, est substitué par celui de la banalité, qui d’une certaine façon, peut elle aussi s’avérer angoissante.

Blais a su faire preuve de maîtrise, en se servant de « Les montagnes » pour jeter de la lumière sur « Les Rivières », puisque l’on comprend que les deux récits ne sont pas indépendants, mais qu’ils forment un tout savamment orchestré.

Même si Blais a choisi, avec ce dernier ouvrage, d’utiliser les codes propres aux genres policier et fantastique, il a su garder sa plume incisive.

C’est avec cynisme qu’il observe le monde ordinaire. Un cynisme où l’on perçoit tout de même une pointe de bienveillance.

La rigueur du texte, l’aisance de la plume, l’originalité du tout que forment ces deux récits font de la lecture de Les Rivières suivi de Les montagnes un ouvrage incontournable à ajouter à votre bibliothèque, que vous soyez adeptes d’histoires de fantômes ou pas.

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