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Compte-rendu du Congrès Boréal 2017

8 septembre 2017
Congrès Boréal 2017 - 1

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La fin de semaine du 5 au 7 mai 2017, Étranges  Lectures a participé au Congrès Boréal 2017, son deuxième Congrès Boréal. Cette année, plusieurs invités spéciaux étaient à l’honneur : Jean-Claude Dunyach, écrivain, parolier, ingénieur (entre autres) qui fut un grand ami d’Ayerdhal et avec qui il a écrit le roman Étoiles mourantes; Lionel Davoust, écrivain, traducteur, directeur d’ouvrages et producteur du podcast « Procrastination »; Laurence Suhner, bédéiste et écrivaine dont la nouvelle «Le Terminateur » a été publiée dans la revue Nature, et, enfin, Patrick Sénécal, le maître québécois de l’horreur. Bien entendu, nous n’avons nommé là qu’une infime partie des invités!

 

Plutôt que de vous donner un bête compte-rendu des tables rondes et des événements de la fin de semaine, nous avons plutôt décidé d’y aller avec nos impressions générales, nos coups de coeur et nos réserves, pour mieux vous immerger dans le Congrès. Presque, nous l’espérons, comme si vous y étiez!

 

Et puis, sinon, c’était comment, le Congrès Boréal 2017?

Nous avons trouvé le congrès plus intéressant que l’an dernier (qui était notre première fois), parce que nous avions plus le sentiment de faire partie de la gang. Nous savions à quoi nous attendre, où il fallait être, nous pouvions prévoir les moments forts et les incontournables, ce qui nous a permis de mieux en profiter.

 

Cette année, les tables rondes étaient meilleures, plus touffues, plus propices à la réflexion, mais plusieurs d’entre elles tournaient autour du pot et n’arrivaient pas à décoller. Nous croyons que cela est dû à la trop grande quantité de tables rondes, ce qui étire la thématique et crée parfois des sujets sur lesquels il est difficile, voire parfois inutile, de débattre. Aussi, cela ne met pas les invités d’honneur… à l’honneur, car leurs conférences sont noyées parmi les autres, et surtout, pendant d’autres tables rondes. Il aurait été avisé de ne rien programmer en même temps que leurs conférences, afin de leur donner la place qui leur convient au Congrès. Pire : leurs conférences étaient majoritairement placées le vendredi, alors que la grande majorité des participants n’était pas arrivée.

 

Cela a confirmé l’impression que nous avons eue la première fois, soit celle de devoir courir d’un événement à l’autre, de devoir faire vite pour manger et d’être incapables de trouver un moment pour discuter avec les participants ou les invités ou d’aller aux tables des éditeurs sans manquer quelque chose. Cela nous a aussi confirmé que le Congrès demeure encore un peu trop fermé sur lui-même : un nouveau venu, mis face à la programmation, ne saurait pas trop où donner de la tête.

 

Un lieu différent chaque année

Congrès Boréal 2017 - 16

Le monastère des Augustines : quel endroit! Ce fut un excellent choix de lieu, qui donnait vraiment une ambiance propice à une nouvelle de fantastique. Nous avons vu de nombreuses personnes photographier les lieux, et vraiment, le monastère s’y prêtait à merveille. L’Espace théâtre de Mont-Laurier, qui a accueilli le Congrès en 2016, était un endroit moderne et fonctionnel, mais le monastère alliait merveilleusement bien fonctionnalité et cachet. Un choix éclairé.

 

À propos du lieu, on peut se poser la question : est-ce que le Congrès gagne ou perd à se déplacer chaque année? Car chaque année, ça force les gens à se poser de nouveaux repères, à savoir où sont les kiosques, les salles, s’il y a de la nourriture sur place, etc. Cela peut aussi freiner l’arrivée de nouveaux venus, qui ne sont pas habitués au fonctionnement du Congrès et ne sont pas prêts à se déplacer à un endroit différent chaque année. Cependant, privilégier une ville brimerait les auteurs qui viennent d’ailleurs au Québec. C’est une question difficile, à laquelle nous n’avons pas de réponse…

 

Notre coup de coeur : la conférence de Patrick Sénécal

Congrès Boréal 2017 - Conférence Patrick Sénécal
Nous avons eu la chance d’assister à la conférence de Patrick Sénécal, simplement nommée « Une heure avec Patrick Sénécal ». L’écrivain parlait sans filtre du processus créatif qui a mené à chacun de ses romans. Et c’était passionnant. Il est rare de se retrouver dans les coulisses de la création d’un roman, et chaque anecdote était à la fois amusante et révélatrice. De savoir que Sénécal est conscient que ses romans présentent souvent un point de bascule où il demande pratiquement un acte de foi de la part de ses lecteurs et où « ça passe ou ça casse » (comme dans 5150, rue des Ormes, lorsque Yannick revient à la maison des Beaulieu – j’avoue que pour nous, ça a cassé!) remet en perspective la lecture de ses romans. Il a raconté, avec une aisance et une franchise déconcertantes, ses beaux comme ses moins beaux moments d’écriture. Vraiment un moment fort du Congrès.

En conclusion

Mieux outillés pour en profiter cette année, nous avons passé un très bon moment au Congrès Boréal 2017. Nous croyons qu’il s’agit d’un événement essentiel au milieu des littératures de l’imaginaire au Québec, mais qui gagnerait à s’ouvrir davantage afin d’intéresser un plus large éventail de personnes.

 

En guise de conclusion, nous vous laissons avec la liste des gagnants des différents prix littéraires qui ont été remis lors du Congrès Boréal 2017.

À l’année prochaine pour le Congrès 2018!

 

Prix remis lors du Congrès Boréal 2017

Le Congrès Boréal étant l’événement majeur des littératures de l’imaginaire au Québec, il est naturel qu’une majorité de prix littéraires du milieu s’y donnent. Cette année ne fit pas exception!

 

Prix Jacques-Brossard

 

  • Martine Desjardins, pour son roman La chambre verte

 

Prix Horizons Imaginaires 2017

 

  • Jonathan Brassard, pour son roman Celui qui reste

 

Entreprise lancée par Mathieu Lauzon-Dicso, ce prix fut décerné par les étudiants du Collège Marianopolis parmi cinq romans ayant gagné le prix Jacques-Brossard. Fin 2017, le prix sera intercollégial, à l’image du Prix littéraire des collégiens, et portera sur des ouvrages parus au courant de l’année scolaire.

 

Prix Hommage Visionnaire

 

Cette année fut extraordinaire, car le prix fut remis de manière posthume à Joël Champetier. Décédé à la fin du mois de mai 2015, il savait qu’il serait le prochain récipiendaire du prix. Sa conjointe Valérie Bédard a accepté le prix, dans une cérémonie remplie d’émotion.

 

Prix Solaris

 

  • Andréa Renaud-Simard, pour sa nouvelle « Les Tisseurs »

 

Prix Aurora-Boréal

 

  • Prix du meilleur roman : Ariane Gélinas pour Les Cendres de Sedna.
  • Prix de la meilleure nouvelle : Élisabeth Vonarburg – pour « Le printemps de Krijka », paru dans la Revue Solaris 200.
  • Prix du meilleur ouvrage connexe : Solaris
  • Prix de la meilleure bande dessinée : il y a eu un ex æquo avec Bulle Contagion Tome 5 – Pandémie par Jean Philippe, Damien et als. (BerBer) et Hiver nucléaire Tome 2 par Cab (Front froid)
  • Prix de la création artistique audiovisuelle : Émilie Léger pour les illustrations de Solaris 198-199; et la couverture du roman Les Cendres de Sedna
  • Prix de la fanédition : Clair/Obscur

 

Prix du concours d’écriture

 

  • Auteur montant : Pierre-Alexandre Bonin, pour sa nouvelle « Troll de vie » (avec une mention spéciale pour la nouvelle de Tiffany Qian)
  • Auteur établi : Dave Côté, pour sa nouvelle « Un pont dont vous êtes le Troll »

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3 Comments

  • Reply nathalie faure-trudel 9 septembre 2017 at 10:34

    Bonjour ! En tant que coordonnatrice de ce Boréal ci, je peux répondre à quelques questions. La première c’est que les organisateurs sont tous bénévoles, donc il est difficile d’organiser deux années de suite sans épuiser l’équipe. Ensuite on cherche des idées pour élargir et ouvrir, avoir plus de gens, mais là encore cela prend des volontaires prêts à s’impliquer pendant près d’un an. Ensuite on aurait bien gardé le même lieu à Québec, mais les conditions pour avoir des hôtels sont complexes et celui d’il y a 3 ans a changé de propriétaire… Contente de voir que vous avez apprécié votre expérience. L’an prochain ce sera Montréal, alors n’hésitez pas à faire des suggestions et à apporter votre aide !

  • Reply Mathieu Lauzon Dicso 8 septembre 2017 at 11:58

    Beau compte rendu ! Et belles photos ! Je suis triste d’avoir raté la rencontre avec Patrick Senécal !

    J’aime particulièrement que vous releviez la question de l’emplacement du congrès ; je crois que c’est une question qui devrait être posée, dont il faudrait débattre : il y a plusieurs avantages à ce que le Congrès Boréal se déplace d’une année à l’autre, notamment parce que ça fait voyager la SFFQ de ville en ville, ça permet de garder le contact avec l’ensemble du milieu, qui peu importe l’endroit, ne peut pas toujours être présent, j’imagine.

    Par contre, je crois aussi que ça prend un événement d’envergure – congrès, festival, etc – pour l’imaginaire québécois, à date ET à lieu fixes. Le Boréal ? Un nouvel événement ? Les deux ? Je crois qu’on va le (sa)voir bientôt… !

    • Etienne
      Reply Etienne 9 septembre 2017 at 12:19

      Merci pour le beau commentaire Mathieu!

      On est très content que tu apprécies le compte-rendu, et sommes heureux de voir que nous ne sommes pas les seuls à s’être posé la question du lieu!

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