Critiques

Terra Prime – Tome 1 : La colonie, de Philippe Ogaki

17 février 2016
Terra Prime Tome 1 La Colonie

Le Victoria III, un vaisseau-monde, quitte la Terre afin de coloniser une nouvelle planète. À son bord, un million d’êtres humains. 253 ans plus tard, le premier conseiller Hecker est le gardien de la tradition terrienne et la plupart des membres de l’équipage continuent de vivre selon les valeurs de leurs ancêtres. Pourtant, la révolte gronde à bord du Victoria III, puisque de plus en plus de gens croient que l’avenir de l’homme est d’évoluer pour être en mesure de survivre de manière autonome dans l’espace. Alors que le vaisseau arrive à proximité d’une planète viable, les deux factions entrent dans un conflit sanglant, causant des dégâts majeurs au Victoria III et provoquant son écrasement sur la planète. Les survivants vont devoir apprendre à s’adapter à leur environnement, d’autant qu’ils ne sont pas seuls…

Le vaisseau-monde ou vaisseau-arche est l’un des thèmes majeurs de la science-fiction. Il permet non seulement de s’intéresser à la question de la colonisation spatiale, mais aussi à la permanence de l’humanité et à la transmission du patrimoine terrien. Avec La colonie, le premier tome de la série Terra Prime, publiée dans la collection « Neopolis », chez Delcourt, Philippe Ogaki ne renouvelle pas le genre, mais il parvient à lui insuffler sa marque, ce qui n’est pas rien.

Le scénario tourne autour de l’avenir des habitants du Victoria III, et c’est entre autres cette remise en question de l’avenir colonisateur qui fait l’intérêt de cet album. L’autre enjeu majeur est celui de la sauvegarde de l’héritage terrien à tout prix et des conséquences d’une telle ligne de pensée. Sans vouloir révéler de points majeurs, la survie du premier conseiller Hecker et son ascendance sur les autres membres d’équipage permettent au scénariste de mettre en scène une microsociété qui recule dans le temps jusqu’à l’Amérique du 19e siècle. Le rapport entre les humains et les autochtones de la planète sont tendus et reflètent à merveille ceux qu’entretenaient les colons européens ou américains et les aborigènes lors des périodes de colonisation. Le sentiment de supériorité terrien n’est jamais bien loin et Ogaki l’exploite à merveille.

Terra Prime Tome 1 La colonie - 1Le dessin et les couleurs sont accrocheurs, même s’ils demeurent d’une facture assez classique. Dans ce cas-ci, le texte prime clairement l’image, mais cette dernière n’est pas laissée de côté pour autant.

Les personnages sont bien campés et les rebondissements, sans être nombreux, permettent de garder l’attention du lecteur tout au long du récit. Malgré une finale relativement prévisible, il y a assez d’éléments en suspens et de questions non résolues pour qu’on ait envie de lire le tome 2. Bref, une bonne BD pour ceux qui souhaiteraient s’initier au genre de la colonisation spatiale.

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